Quand l’édition française aime l’Asie mais seulement quand elle ne vient pas des auteurices asiatiques (jeunesse & young adult)

J’avoue, c’est un titre qui a pour but d’attirer l’attention mais qui est, à mon sens, pas tellement éloigné de la vérité.

Si vous me connaissez un peu, ou si vous suivez le blog, vous savez déjà que je lis beaucoup d’auteurices asiatiques et pour cela, j’essaie de me tenir au courant des traductions françaises de livres écrits par de tels auteurices. Et, quand vous faites ce genre de travail depuis un bon moment déjà, vous commencez à remarquer quelques trucs. D’abord, vous vous dites que ce n’est qu’une coïncidence, que c’est l’affaire d’une fois. Puis, vous voyez que c’est récurrent. Puis vous vous rendez compte que c’est la norme. Je parle du traitement des maisons d’éditions françaises quant aux auteurices asiatiques. Dit comme ça, je donne l’impression qu’elles les maltraitent. Ce n’est évidemment pas le cas mais peut-être qu’on en est pas loin.

Dans cet article — qui va être un vrai bordel, je vous préviens — je vais vous parler de plusieurs choses. De l’invisibilisation des asiatiques, des auteurices blanc•hes qui sont préféré•es aux asiatiques quant il s’agit d’écrire des récits se déroulant en Asie, et d’autres petites choses ici et là qui me semblent importantes. Il y aura également beaucoup de suppositions, d’hypothèses pour expliquer pourquoi les maisons d’édition agissent de cette manière. Évidemment, « hypothèse » veut dire que ce n’est pas la vérité. J’étudie peut-être l’édition et effectue peut-être mon stage en maison d’édition mais je n’ai pas la réponse à tout. D’ailleurs, je n’aurais peut-être jamais la réponse sauf si un jour une maison d’édition dit ouvertement qu’elle ne veut pas d’asiatique sur les couvertures de son livre parce que l’équipe éditoriale déteste les asiatiques. Mais tout le monde sait que cela n’arrivera pas, parce qu’elle se tirerait simplement une balle dans le pied.

Bref. Pour les personnes qui ont l’habitude de lire mes « gros articles », vous savez déjà que celui-ci, comme les précédents, va sûrement partir dans tous les sens. J’espère néanmoins qu’il vous plaira et vous ouvrira les yeux sur certains points.

L’invisibilisation des asiatiques sur les couvertures

Il y a moins d’un mois, j’ai tweet quelque chose qui a fait un peu de bruit sur le booktwt francophone :

Et évidemment, il fallait que j’en parle ici. Pour les personnes qui n’ont pas suivi l’histoire, sachez tout simplement qu’une nouvelle fois, une maison d’édition française a décidé de tout simplement effacer la représentation sur la couverture de son livre. Quand je dis « effacer », je veux dire qu’il est fait en sorte qu’on ne voit pas que la personne sur la couverture est asiatique. Généralement, le personnage a le visage caché, est de dos, ou la couverture est totalement changé et à la place il n’y a plus que de la typographie.

Si j’en parle encore ici, c’est pour dire à quel point cette invisibilisation peut être grave. Grave dans le sens où on enlève une représentation, où on enlève un moyen à des personnes racisées — ici, des asiatiques — de se voir et de sentir vu. Plus que cela, avoir une représentation directement sur la couverture permet à des lecteurices d’être certain•es de l’ethnicité du personnage représenté. Parce que, soyons honnête, s’il y a un personnage sur la couverture d’un livre, cela va influencer notre lecture et notre perception du personnage. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu des personnes dire qu’elles pensaient que Cinder — du livre du même nom écrit par Marissa Meyer — était blanche et non asiatique à cause de la couverture du livre. Bah ici c’est la même chose. Vous aurez beau me dire qu’en lisant, il est possible de comprendre que X et Y sont asiatiques, des personnes se diront quand même que ce n’est pas le cas. Et, je ne les blâme pas. Je blâme les couvertures et les maisons d’édition pour cela.

Pour appuyer mon propos et bien montrer que ce n’est pas arriver qu’une seule fois, voici plusieurs exemples :

(Note : il existe d’autres exemples ici et là mais je pense que c’est déjà suffisant pour comprendre mes propos)

Je pourrais laisser ça comme ça, vous laissez faire vos propres conclusions mais je suis sympa et je vais étudier avec vous des hypothèses pour expliquer ces changements de couverture. Notez bien que ce ne sont que des hypothèses et que les réponses que j’apporte sont mes propres conclusions. Rien n’est officiel.

  • Les droits n’ont pas été cédés

Je ne vais pas mentir, mes notions de droit de la propriété intellectuelle sont un peu rouillées, donc prenez ce que je dis avec des pincettes.

Quand un livre est publié dans un autre pays et qu’un éditeur souhaite le traduire pour le publier en France, celui-ci doit d’abord acheter les droits d’exploitation de cette œuvre. En gros, il achète à l’éditeur originel l’autorisation de le faire. Bref, tout ça pour dire que parfois, il n’obtient pas les droits pour reproduire la couverture de la VO en France et qu’il doit alors faire créer une toute nouvelle couverture. En toute honnêteté, je ne sais pas si cela arrive souvent parce qu’il me semble qu’en cédant les droits, l’éditeur originel cède également ceux de la couverture.

Mais admettons que notre éditeur français n’ait pas eu les droits parce qu’ils étaient trop chers ou quelque chose comme ça et qu’il doit donc créer une toute nouvelle couverture. Admettons que c’est ce qu’il s’est passé avec tous les exemples précités. Admettons que les trois maisons d’édition ci-dessus n’ont pas réussi à avoir les droits pour la couverture, admettons qu’à chaque fois qu’il s’agit d’un livre écrit par une autrice asiatique bah, pouf! l’éditeur anglais refuse de céder les droits. Admettons. Mais qu’est-ce qui empêchait ces éditeurs de créer leur propre couverture tout en gardant la représentation asiatique ? Qu’est-ce qui empêchait l’éditeur de ne pas mettre la modèle de dos — et donc cacher le visage du personnage — et la mettre de face ? Vous voyez ce que je veux dire ? Il n’y avait rien, même en cas de refus de cessions de droit, qui empêchait d’avoir une couverture où l’on voit une personne asiatique. Rien, sauf le manque de volonté de la maison d’édition, évidemment.

  • Coller avec la ligne éditoriale

C’est un argument qu’on m’a souvent jeté à la figure et j’avoue que j’ai beau utiliser mes deux neurones, j’ai du mal à comprendre comment certaines personnes peuvent penser que ça a du sens.

« Coller à la ligne éditoriale » au niveau du graphisme, veut dire que l’éditeur souhaite garder une sorte d’uniformité au niveau de son visuel, pour qu’en allant dans une librairie, vous vous disiez « ah! ça je reconnais! c’est de la maison X ou Y ». A titre personnel, je trouve que les livres de la collection Babel sont très reconnaissables par leur visuel, on sait qu’ils viennent du même endroit. Et j’imagine que c’est à ce genre de « phénomène » que les personnes font référence pour justifier l’invisibilisation des asiatiques sur les couvertures des livres. Généralement, quand on me dit ça, dans ma tête j’entends plutôt : « être asiatique c’est ruiner le visuel d’une collection » ou « pour rester dans la ligne éditoriale, il faut enlever la représentation asiatique ».

814BvI0vMDLC’est un argument valable dans le sens où effectivement, les éditeurs cherchent souvent à avoir des livres « qui se ressemblent » pour attirer les lecteurices. Si on prend les exemples des livres ci-dessus, notamment les Maurene Goo, l’éditeur souhaitait coller à un visuel qu’il avait créé avec les livres de Morgan Matson. Comme vous pouvez le voir — outre le fait qu’ils ont gardé la couverture originale — il y a des ressemblances au niveau de la typographie et du « ton » de la couverture. C’est estival, c’est vert, c’est frais. On sait, visuellement, que cela doit venir du même endroit. Et là vous me direz : « mais du coup Delphine, c’est normal qu’ils aient changé les couvertures parce que les originales auraient tout chamboulé » ce à quoi je vous répondrais « c’est vrai mais du coup, qu’est-ce qui les empêchait de mettre la fille de face et non de dos ? »

Parce que, admettons-le, le problème n’est pas d’avoir une fille sur la couverture ni même d’avoir une fille de face (cf. la couverture ci-dessus mais également tous les Morgan Matson publiés chez l’éditeur). Rien, vraiment rien, n’empêchait l’éditeur d’avoir une fille de face pour les livres de Maurene Goo. Et je peux vous dire que si cela avait été fait, je n’aurais pas tweet le tweet ci-dessus, j’aurais même applaudis l’initiative. Mais évidemment, c’est beaucoup trop demandé.

  • Les asiatiques c’est pas vendeur

Deuxième argument qu’on me lance à la figure ! C’est souvent quelque chose que j’ai entendu au fil de mes échanges sur twitter. Apparemment les éditeurs comme la team marketing pensent qu’avoir un ou une asiatique sur la couverture d’un livre repousserait les lecteurices et empêcherait la vente. Plus qu’un argument très raciste, j’aimerais dire qu’il y a une certaine hypocrisie derrière cela et je m’explique.

Si les asiatiques repoussent et empêchent les ventes à ce point, je me demande pourquoi en YA et en jeunesse, il existe des livres où des personnages asiatiques sont mis en avant. En ce qui concerne la jeunesse, j’imagine que cela est dû au public visé : les jeunes sont plus attirés par les couvertures illustrés. Mais il existe tout de même, en YA, des couvertures montrant fièrement des asiatiques :

Je ne veux pas trop m’avancer parce que je n’ai pas de chiffres à vous donner, mais je pense que ces livres sont loin d’avoir fait un flop à leur sortie et pourtant, ils montrent bien tous des asiatiques en couverture.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est que le « les asiatiques ne vendent pas » semblent marcher seulement quand le livre en question est écrit par un•e auteurice asiatique. Si effectivement en jeunesse, l’invisibilisation est moindre — mais pas inexistante — les couvertures des livres écrits par des auteurices asiatiques montrent très rarement une représentation. Et c’est là que l’hypocrisie intervient : la représentation sur couverture, vous la trouverez du côté des blanc•hes qui écrivent sur l’Asie.

(Note : il y en a évidemment d’autres mais pour le coup ça me fait mal au cœur de les chercher. + y a que moi que ça dérange le jaune en couleur de peau pour la troisième couverture ?)

Je parle d’hypocrisie parce que j’ai l’impression que l’argument du « les asiatiques ne sont pas vendeurs » n’est valable seulement quand il s’agit d’un livre écrit par un•e asiatique. Par contre, rien ni personne n’a donné un tel argument quand la personne derrière le livre écrit est blanche. Et c’est ce qui me fait poser des questions : pourquoi une telle représentation quand l’auteurice est blanc•he ? Pourquoi une telle représentation est refusée à l’auteurice asiatique ? Je n’ai pas de réponses mais seulement une impression que l’on veut montrer par la couverture, que le livre est « vraiment asiatique » même quand il est écrit par un•e blanc•he. Et, a contrario, que l’on veut montrer que le livre n’est « pas trop » asiatique quand il est écrit par un•e asiatique.

Qui écrit l’Asie ?

Si vous jetez un coup d’œil au répertoire VF du blog (ici) vous remarquerez sûrement une chose : que très peu des livres traduits se déroulent en Asie ou dans un univers s’inspirant de l’Asie. Vous remarquerez que les éditeurs privilégient les contemporains aux autres genres quand il s’agit de traduire des auteurices asiatiques. Et même quand le récit se déroule en Asie, on remarque deux choses :

  • Il s’agit d’un roman historique
  • Le personnage principal part en Asie pour découvrir sa culture

(Note : je ne prends pas en compte les romans de l’éditeur Akata dans la mesure où ils sont spécialisés en manga et dans la littérature japonaise plus généralement. Leur cas est donc particulier.)

Mais cela ne veut pas dire qu’en jeunesse ou en YA, il n’existe pas de romans se déroulant en Asie. Seulement, ils ne sont pas écrits par des asiatiques mais par des blanc•hes. Oui c’est ça, ce sont des personnes qui ne sont pas asiatiques qui écrivent sur l’Asie. Vous avez bien lu. Et vous pourrez me dire autant que vous voulez : « mais c’est parce que les asiatiques n’écrivent pas sur l’Asie ! » je vous dirais avec un grand sourire que c’est faux, que dans la mesure où en jeunesse et en YA, les éditeurs font beaucoup de traduction, ils ont un choix infini de récits se déroulant en Asie et écrits par des asiatiques. Mais, simplement, ils font le choix de les ignorer.

(Note : ne me parlez pas du titre du quatrième livre, j’ai déjà assez le seum comme ça)

J’ai évidemment mes hypothèses du pourquoi du comment. Pourquoi les éditeurs français préfèrent des récits sur l’Asie racontés par des blanc•hes ? A mon avis, parce que l’Asie qu’iels racontent est une Asie qu’iels connaissent : une Asie vue par les yeux occidentaux, des yeux de blanc•hes. Je n’ai pas lu les livres précités, je ne sais pas à quel point les auteurices ont bien ou n’ont pas bien écrits l’Asie (d’ailleurs faudra qu’on parle du fait que tout le monde écrit sur le Japon mais ça sera pour une prochaine fois) mais, je peux vous assurer, que quelle que soient les recherches faites, ces auteurices ne peuvent pas se débarrasser de leur « vision de blanc•he ». Je ne sais pas comment expliquer ça pour être clair mais disons simplement qu’on ne peut pas être totalement objectif vis-à-vis d’une culture que l’on ne connaît pas. On a toujours des préjugés, des aprioris et tout cela se retrouvent dans ces textes. Et en publiant ces textes, les éditeurs véhicules ces « opinions » et de fil en aiguille, on se retrouve sur le marché du livre français, avec des textes véhiculant toujours une même opinion de l’Asie.

En faisant cela, on finit par penser que la vision que l’on doit avoir de l’Asie est la vision véhiculée par ces auteurices blanc•hes. Et de ce fait, on finit par penser que l’Asie « étrangère » est l’Asie écrite par les asiatiques. Ce sont les asiatiques qui écrivent des récits authentiques sur l’Asie. Cette authenticité ne peut pas être retrouvée dans les récits écrits par d’autres personnes que des asiatiques. C’est quelque chose dont je suis convaincue : vous pouvez passer dix ans à faire des recherches, rien ne sera plus authentique que l’Asie d’un asiatique. Mais je digresse.

L’Asie des auteurices blanc•hes, est l’Asie qu’on finit par accepter en édition jeunesse et YA parce que ce sont leurs textes qui sont publiés au lieu des textes d’auteurices asiatiques. On accepte les messages véhiculés dans ces récits et on finit par accepter que c’est ça l’Asie. Du coup, quand un éditeur se retrouve face à un récit se déroulant en Asie, écrit par un asiatique, il se retrouve sur un terrain inconnu parce que généralement, il n’y a pas de clichés, par d’idées préconçues. L’éditeur ne comprend pas. Ce n’est pas l’Asie qu’il a toujours lue. Donc il ne publie pas.

C’est un « phénomène » très récurrent en édition étasunienne : des auteurices racisé•es écrivent sur leur culture mais se font recaler non pas parce qu’iels ont écrit un truc nul mais parce que la culture n’est pas comprise. Un argument qui n’est pas adressé aux auteurices écrivant sur une culture qui n’est pas la leur. Évidemment, je ne peux pas dire avec certitude que la même chose se passe en édition française mais je pense qu’on est pas loin de la vérité.


Voilà, j’ai terminé de parler. C’était vraiment long et je ne sais pas si quelqu’un aura la force de lire jusqu’au bout mais en tout cas, merci d’avoir passé une dizaine de minutes de votre vie à lire cet article.

J’aimerais néanmoins conclure en disant ceci : cet article n’a pas pour but de « cracher » sur les auteurices blanc•hes cité•es (techniquement je les ai pas cité, juste montrer des couvertures mais passons). N’allez pas les attaquer parce qu’iels ont écrit sur une culture qui n’est pas la leur (cela peut cependant s’apparenter à de l’appropriation culturelle mais j’avoue être trop fatiguée pour en parler aujourd’hui). Tout le monde écrit sur le sujet qu’il souhaite. Vous voulez écrire sur l’Asie mais vous n’êtes pas asiatique ? Qui suis-je pour dire que vous n’avez pas le droit ? Tout ce que je peux dire c’est que je ne lirais pas votre livre, que je privilégie les auteurices asiatiques quand il s’agit de récit se déroulant en Asie. N’allez pas les attaquer parce que je ne les ai pas cité pour cela. Je les ai cité pour illustrer mes propos, pour que cela soit plus clair.

J’espère néanmoins que cet article servira à quelque chose, que peut-être cela vous a ouvert les yeux sur deux trois choses !

& N’hésitez pas à me donner votre opinion sur le sujet, c’est toujours sympa.

18 réflexions sur “Quand l’édition française aime l’Asie mais seulement quand elle ne vient pas des auteurices asiatiques (jeunesse & young adult)

  1. franchement cet article est super intéressant, tu mets très bien en avant le sujet dont tu parles avec des bons arguments (et merci pour les couvertures, ça permet de comprendre mieux l’enjeu). tout le monde devrait lire ton article pour se rendre compte des choses qui clochent au niveau de la représentation chez les ME… belle journée,

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton retour! Quand j’écris ce genre d’article, j’ai toujours peur de ne pas être assez compréhensible/claire dans ce que je dis donc je mets toujours pleins d’exemples parce que y a rien de mieux haha. Bonne journée à toi aussi!

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  2. Toujours aussi intéressant, j’ai encore quelques romans d’autrices blanches à lire sur d’autres cultures que les leurs (ils sont déjà dans ma PAL), alors je serais bien plus vigilante maintenant sur leur façon d’en parler. Et j’essayerais d’acheter un maximum des own voices, mais c’est vrai que quand tu lis peu en anglais, c’est d’une difficulté ! Je pense qu’à chaque fois qu’on voit un truc pareil, faut qu’on soit pas mal à aller voir les ME, sinon ça continuera quoi…

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    1. Je suis tout à fait d’accord, quand on ne lit pas en anglais c’est assez dur de trouver du ownvoices et surtout des livres qui se déroulent en Asie.. En vrai, j’ai abandonné l’idée d’aller voir les ME parce que ça leur passent bien au-dessus de la tête :/

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  3. Super article ! Eye opening.
    J’ai beau chercher à mettre en avant des livres LGBT+, avec des minorités etc dans mon travail (bibliothèque), je me rends compte qu’il n’est pas toujours évident en effet de trouver de la production ownvoices…. (mais il est vrai aussi que je n’ai peut être pas toujours fait attention à ce critère lors de mes achats… Je vais tâcher d’être un peu plus attentive et de faire un peu plus de médiation sur ce sujet auprès des lecteurs).
    En tout cas, choquée par ces couvertures FR…c’est d’une tristesse. Elles ont beaucoup moins d’âmes que les originales…

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    1. C’est vrai que le ownvoices n’est pas vraiment mis en avant. Et même quand l’éditeur en traduit, il en fait pas la promo comme étant un livre ownvoices donc si on fait pas attention, on passe très rapidement à côté. Mais c’est cool si tu décides de faire plus attention pour ton boulot à la bibliothèque 👍
      Et tout à fait d’accord c’est très triste pour les couvertures VF..

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  4. Tu sais déjà ce que je pense de tout ça, je te l’ai dit en DM ! J’ai tout lu et je suis d’accord de A a Z ! Un super article que je citerais dans le thread ! J’espère qu’il sera partagé en masse !

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  5. Bonjour 😊 article très intéressant, merci !
    J’aurais une petite question pour toi. Tu dis en fin d’article que seuls les asiatiques peuvent écrire la véritable Asie. Je suis d’accord avec cette affirmation en partie car qu’en est-il des personnes non asiatiques ayant toujours vécu dans un pays d’Asie ? (j’ai notamment en tête le cas d’un collègue de mon mari, français blanc, né au Japon et ayant fait toute sa scolarité là-bas et bien plus à l’aise en japonais qu’en français). Ce sont des cas assez rares, je l’admets, mais du coup, ces personnes là sont capables d’écrire sur l’Asie, non ?

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    1. Aucune idée 🤷🏻‍♀️
      J’imagine qu’il a une vision moins biaisée de l’Asie étant donné qu’il est né et vit là-bas mais j’imagine tout de même que certaines choses sont perçues de différentes façons (notamment comment les japonais eux-mêmes le perçoivent et peuvent d’abord se dire qu’il est un immigré au lieu de quelqu’un qui est né au Japon). Peut-être que les relations sociales ne sont pas les mêmes qui sait.

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  6. Bonjour,

    je suis d’accord avec le fait qu’il faille publier ( et lire) des auteurs et autrices asiatiques qui parlent de l’Asie mais je ne vois pas en quoi cela empêcherait de publier et de lire ceux qui ne sont pas asiatiques. Et merci de ne pas parler de blancs mais de culture asiatique, européenne ou que sais-je. Moi je ne sais pas ce que c’est qu’un blanc. Ce sont des notions de races et les races, désolé de vous le rappeler, ça n’existe pas ! Être racisé c’est être victime d’un préjugé raciste qui n’a aucun fondement scientifique. C’est une invention de colonialistes. En voulant l’éradiquer, vous le renforcez. Parlons de cultures, de pigmentation, de cheveux crépus, d’yeux bridés, mais pas de cette invention à vocation inégalitariste qu’est la race.
    Pour en revenir au sujet : Que chacun parle de sa culture parce qu’il la connaît mieux que les autres ? Oui, mais tout le monde peut écrire sur tous les sujets et des choses intéressantes. Mme Bovary aurait-elle été plus authentique s’il avait été écrit par une femme ? Non. Elle aurait été différente. C’est une autre vision, et elle a autant sa place. En revanche, oui, promouvons les publications et la lecture d’un panel d’auteurs plus large et plus diversifié. Mettons des gens variés sur les couvertures. Mais sans faire comme s’il fallait être français pour parler de la France, être une femme pour écrire une histoire de femme. Être vieux pour écrire une histoire de vieux. Dans ce cas-là, chacun ne pourra plus raconter que sa vie.
    Je pense que vos intentions sont louables mais vous confortez gravement les préjugés que vous cherchez à détruire.
    Bien cordialement,
    François

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    1. Salut! votre raisonnement est louable mais comme l’explique clairement la narratrice de ce blog, les éditeurs français ne font très peu ce travail et privilégient les auteurs occidentaux (si vous préférez) pour raconter les vécus des asiatiques. Et c’est pareil pour toutes les autres ethnies. Que doit-on faire? Supporter ce statut-quo encore longtemps. Et bien non, comme elle, je choisis de plus en plus les auteurs divers et variés qui racontent de manières plus AUTHENTIQUES leurs vécus, leurs cultures etc…

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  7. Bonjour ! et OMG ! merci pour cet article!
    je ne suis pas asiatique mais plutôt une femme noire mais je comprends à 100% tout ce que tu as ecrit!
    Cela fait écho à ce que j’ai écrit comme commentaire à une booktubeuse « blanche » qui ne comprends pas toutes ses polémiques sur les auteurs blancs que les éditeurs privilégient très souvent raconter des histoires sur les racisés. Je lui avais même donné comme exemple que quand je lis un livre écrit par un auteur asiatique et bien c’est très différent de ce qu’écrit un occidental sur l’Asie et les asiatiques quelques soient leurs pays. Qu’ils ont une manière bien à eux de se raconter qui peut dérouter c’est vrai quand on est pas habitué. Et comme tu le dis très justement, on est pas habitué parce que ces textes là sont très peu traduits au final, surtout en jeunesse en Y.A !!! Ils le sont plus souvent dans la littérature adulte, et c’est dommage pour les plus jeunes qui ont besoin de représentativités diverses certes mais aussi authentiques!

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    1. Bonsoir ! Déjà un grand merci pour avoir lu mon article. Et oui c’est difficile de faire entendre raison aux personnes blanches surtout quand celles-ci ne se sont pas déconstruite. Du coup, quand je dis vouloir lire plus d’auteurices asiatiques, ces personnes ont tendance à croire que je veux censurer les auteurices blanc.hes haha.

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